UFORCA-NICE
SESSION 2024 - 2025
LES SÉMINAIRES
Séminaire Vers les Institutions
6 séances le vendredi, de décembre 2025 à juin 2026, à 14h, à Nice. Durée : 2h
Argument de l'année 2025 - 2026 : La parole dans les institutions
Responsables du séminaire : Rémy Baup et Chantal Bonneau
Qu'est-ce que parler veut dire lorsqu'on travaille dans une institution ? Cette question peut paraître surprenante voire déconcertante à une époque qui incite à parler de tout, n'importe où et à tout moment.
Aujourd'hui, il y a comme un mot d'ordre : il faut parler... Il faut aller parler chez le psy. Les institutions se font le relais de cette injonction, formulée aux enfants, adolescents, parents ou adultes en difficulté.
Certes l'intention paraît généreuse, car parler a des effets qu'on imagine du côté du soulagement, voire de la délivrance. Mais cette affirmation n'est-elle pas réductrice quant aux effets réels de la parole ?
Dans son texte « Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse [1]» Lacan nous rappelle que « la psychanalyse n’a qu’un médium : la parole du patient […]. Or toute parole appelle réponse.[2] » et il poursuit : « il n’est pas de parole sans réponse, même si elle ne rencontre que le silence, pourvu qu’elle ait un auditeur, et […] c’est là le cœur de sa fonction dans l’analyse.[3] »
Nous aurons à nous appuyer sur ce texte pour montrer combien parler ne se réduit en rien à communiquer. La parole a une autre portée, d'autres effets, tant sur celui qui parle que sur celui qui l’accueille. Si elle demeure l'unique médium de l'analyse, elle est aussi un médium incontournable dans les institutions même pour celles qui n'en veulent rien entendre. À condition de savoir ce que parler veut réellement dire.... Tel sera l'objectif de notre séminaire.
Séminaire d'Introduction à la Psychanalyse
Ce séminaire pourrait s’intituler : « Tu peux savoir ». Il s’agit en effet de donner accès à qui s’y intéresse à l’atelier du psychanalyste : quels sont ses outils, c’est-à-dire les concepts qui servent à sa pratique ? Quels sont les principes qui régissent celle-ci ? Quelles sont les finalités de cette expérience unique ?
6 séances le mardi soir, de novembre 2025 à avril 2026, à 20h30, à Nice. Durée : 1h30
Bulletin d’inscription
Argument de l’Année 2025-2026 : La psychanalyse, au-delà du thétrapeutique
Responsables du séminaire : Quentin Dumoulin et Isabelle Orrado
La psychanalyse ne se réduit pas à la psychothérapie. Mais davantage : le dispositif freudien s’est constitué par un abandon de la furor sanandi [fureur de guérir] qui habitait les médecins de l’hystérie – dont Freud faisait alors partie.
Les renoncements jalonnent en effet l'œuvre freudienne. Neurologue de formation, pour inventer la psychanalyse, Freud a renoncé successivement aux thérapeutiques pharmaceutiques (ses travaux sur la coca), aux thérapeutiques hypnotiques (malgré son admiration pour Charcot), aux thérapeutiques de suggestion (selon la méthode de Bernheim). Ces abandons sont dictés par la nécessité : celle de préserver une place au sujet dans sa singularité. Les illusions du transfert ? Le seul moteur de la cure ! Les résistances ? Du matériel à exploiter sans les forcer ! La réaction thérapeutique négative ? Une logique subjective y est à l'œuvre et est à analyser. L’humilité freudienne se lit ainsi dans cette volonté de laisser la main au sujet et à l’inconscient, de se mettre à son service pour en permettre un autre usage, pour ouvrir à d’autres choix (la rectification subjective) et reconnaître au symptôme une fonction sociale.
Car la cure analytique achoppe sur une opacité (roc, pierre, os ou encore “épine dans la chair”) qui révèle que le sujet tient à sa souffrance. Lacan a réarticulé l’ensemble des processus psychiques à partir du concept de jouissance, un excès qui envahit le corps et dessine une modalité pulsionnelle. Après la singularité du sujet c’est la différence absolue du parlêtre qui est en jeu dans une analyse au-delà du thérapeutique. C’est dans cette veine que nous aborderons également la façon dont la psychanalyse peut se mettre au service d’une institution. Des initiatives du cercle viennois (contemporaines à la création de la psychanalyse) à la psychothérapie institutionnelle (volonté d’après-guerre pour lutter contre l’autoritarisme du soin et de l’hygiénisme), quelle place et quelle fonction pour la psychanalyse aujourd’hui dans les lieux institutionnels et plus largement dans notre société ?
Ce séminaire se propose d’être une chambre d’échos de ces questionnements, entre histoire, clinique et politique. À l’heure où l’efficacité est un mot d’ordre, où la science s’immisce au plus intime, où nos sociétés connaissent de grandes difficultés pour vivre ensemble (encore un mot d’ordre), les analystes, les analysants et d’autres ayant pris la mesure de l’épaisseur du champ de la parole et du langage, ont sans doute encore à nous enseigner. Nous tenterons d’en faire la preuve.
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